mercredi 19 mars 2014

La Californie vit dans l'angoisse d'un séisme dévastateur



Quand le sol s'est mis à trembler, à 6h25 (heure locale) ce lundi, de nombreux Californiens ont sans doute pensé au fameux «Big One», ce séisme dévastateur qu'ils attendent depuis des années. Los Angeles a en effet été réveillée par un séisme de magnitude 4,4 dont l'épicentre ne se situait qu'à 10 kilomètres du quartier de Beverly Hills, et à une profondeur peu importante de 8,5 kilomètres, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS).
 
Les secousses, qui n'ont duré que quelques secondes, n'ont pas provoqué de dégâts importants, mais les habitants ont, l'espace d'un instant, craint le pire. «Je me préparais dans ma salle de bain quand tout à coup j'ai senti des secousses», a raconté Yvonne Villanueva, une habitante de Los Angeles.

Un séisme majeur avant 30 ans ?

Plusieurs répliques ont été ressenties dans la matinée, selon le Los Angeles Times . Si ces secousses inquiètent particulièrement les Californiens, c'est qu'elles surviennent une semaine jour pour jour après un séisme de magnitude 6,9 qui s'est produit au large des côtes de la Californie du nord, le plus important depuis des années. Une répétition inquiétante, quand on sait que selon les géologues, il y a de fortes chances qu'un séisme majeur frappe la Californie dans les trente prochaines années. Untremblement de terre qui pourrait être dévastateur dans des villes aussi peuplées que Los Angeles ou San Francisco.

La Californie est située sur «la ceinture de feu», une zone de forte activité sismique qui entoure l'océan Pacifique. Traversant la région côtière de ce grand État de l'ouest américain, la faille de San Andreas se situe à la jonction des plaques tectoniques du Pacifique et de l'Amérique. «Elle se compose de deux segments, nord et sud, séparés par une zone en glissement continu, autrement dit qui casse en permanence», explique Pascal Bernard, physicien et sismologue à l'Institut de physique du globe de Paris. Il estime que les deux séismes de ces dernières semaines ne sont donc pas directement liés, car celui du 10 mars s'est produit sur le segment nord de la faille, et celui de ce lundi au niveau du segment sud».
Ce segment sud a connu un séisme majeur en 1857, le nord en 1906 à San Francisco (3000 victimes). Or «à cause de la tectonique des plaques, les failles se chargent en tension à peu près à la même vitesse, que ce soit au nord comme au sud, donc on estime qu'elle est plus proche de rompre du côté de Los Angeles», au niveau du segment sud, puisque le dernier séisme d'ampleur est plus ancien sur ce segment, indique le sismologue.
Si les secousses ne sont pas forcément annonciatrices d'un tremblement de terre majeur à venir, les autorités restent très vigilantes, car une succession de secousses peut avancer la rupture d'une faille, en augmentant la pression sur cette dernière. «Il y aura forcément des répliques lors des prochains jours, qui peuvent atteindre une magnitude 2 à 3. Mais si ces secousses se poursuivent pendant plus d'une semaine et qu'elles sont de plus forte intensité, il pourrait s'agir d'un ‘essaim sismique' qui multiplie par 100 la probabilité d'un séisme majeur».

Le sismologue Robert Graves, interrogé par l'AFP, estime pour sa part qu'il y a 5% de chances que le tremblement de terre de ce lundi ne soit que l'annonciateur d'un tremblement de terre plus important.
Et les estimations délivrées par les experts ne sont guère rassurantes: une secousse de magnitude 7,8 pourrait tuer environ 1.800 personnes, faire 50.00 blessés et endommager 300.000 bâtiments.


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